
L’INSEE vient de publier sa dernière étude démographique de la France. La fécondité française reste élevée. En substance : « Au 1er janvier 2012, 65,35 millions d’habitants résident en France dont 63,46 millions en France métropolitaine et 1,89 million dans les départements d’outre-mer hors Mayotte. La population s’accroît en 2011 au même rythme que ces dernières années (+ 0,5 %), rythme légèrement moindre qu’au début des années 2000 (+ 0,7 % par an entre 2001 et 2006). Comme les années précédentes, le dynamisme démographique repose principalement sur des naissances nombreuses et un nombre de décès encore relativement faible. Il repose également, dans une moindre mesure, sur le solde migratoire. »
La démographie ne connaît pas la crise
Dans l’Union Européenne des 27, seul le Royaume-Uni se trouve comparable à la situation française. La Belgique (+ 1,01 %) et la Suède (+ 0,8 %), elles, enregistrent un accroissement de leur population supérieur à la France, mais qui se constituent plus avec l’apport de l’immigration.
En 2009, alors que le chômage des jeunes atteignait 23,9 %, soit le taux le plus élevé depuis trente ans, l’INSEE s’était demandé si la crise précisément n’allait pas affecter le nombre de naissances. « Traditionnellement, la fécondité diminue lors des périodes de récession et se traduit un à deux ans après » expliquaient alors les statisticiens. Il semble pour l’instant que ce freinage ne soit pas à l’œuvre.
Question : en temps de crise, la démographie en hausse est-elle un atout ? Un débat assez vif s’était déroulé en août 2011, lorsqu’il s’était agi d’expliquer la hausse du chômage par une hausse de la démographie. Ainsi, certains estimaient que la baisse démographique de l’Allemagne s’accompagnait d’une sensible baisse du chômage. Tandis que la population française âgée de 15 à 64 ans, forte de 2,5 millions d’individus supplémentaires dans la dernière décennie, se trouverait elle confrontée à une crise de croissance. Pourtant une société à faible renouvellement démographique semble accumuler plus de handicaps pour son avenir : recul du marché domestique, décélération du dynamisme économique et de l’innovation, système de protection sociale plus coûteux. La démographie n’est jamais que le miroir d’une société humaine, de son organisation et de ses anticipations ou non.