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Les mutations économiques ont changé de nature. Profondes mais sectorielles entre les années 1970 et le milieu des années 1980 (crises de la sidérurgie, de la métallurgie ou du textile), elles sont devenues aujourd'hui beaucoup plus continues. Quoi qu'il en soit, il reste assez difficile de tracer une frontière nette entre les évolutions conjoncturelles de l'activité économique et les « mutations » qui s'accompagnent de ruptures plus définitives. Deux indicateurs peuvent illustrer leur ampleur : le nombre des licenciements pour motif économique et le nombre des plans de sauvegarde de l'emploi.
Un certain nombre de politiques d'accompagnement des mutations économiques existent déjà dans les entreprises, afin de limiter les coûts humains et financiers. Mais le Conseil d'orientation pour l'emploi a dressé une liste de propositions pour améliorer ces outils, permettre aux salariés de mieux rebondir et aux patrons de mieux anticiper.
Faciliter la mobilité entre emplois: ouvrir la possibilité juridique de quitter un emploi en ayant un droit de retour dans l'entreprise, en cas d'échec du projet. Si ce retour n'est plus possible, le salarié pourrait bénéficier d'une indemnité de rupture et de l'assurance chômage.
Prévenir les difficultés des entreprises: réactiver les Comités régionaux de restructuration industrielle (CORRI) qui viendraient ainsi compléter, au niveau régional, les actions des Comité Départemental d'Examen des problèmes de Financement des entreprises (CODEFI) -compétents pour les entreprises de moins de 400 salariés- et du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), compétent pour les entreprises de plus de 400 salariés.
Faciliter la négociation des Plans de sauvegarde de l'emploi: mobiliser les entreprises pour apporter des réponses, notamment en terme de reclassement, à la situation des CDD à la fin de leur contrat. Ce serait aussi le cas pour les salariés d'entreprises sous-traitantes.
Tirer le meilleur profit des dynamiques des territoires: développer les pratiques de Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des Compétences (GPEC) territoriale. D'une part pour anticiper les destructions d'emplois susceptibles d'intervenir sur un territoire. D'autre part pour identifier les emplois disponibles ou susceptibles d'être créés et engager des programmes de formation. Le Conseil d'orientation pour l'emploi évoque en outre la nécessité d'améliorer la connaissance des offres d'emploi locales et de croiser les études prospectives des territoires avec les études prospectives par branches ou par filières.
Favoriser le maintien dans l'emploi des salariés âgés: demander aux partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d'assurance chômage, d'étudier toutes dispositions utiles pour éviter que l'UNEDIC supporte les conséquences financières de départs « volontaires » de salariés âgés.
Laurence Ubrich - Lesinfluences.fr
Source : Conseil d'orientation pour l'emploi.