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Dans un avis adopté le 13 septembre 2011, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) livre ses pistes de réforme pour agir face aux inégalités constatées à l'école. Le CESE, soit la 3ème assemblée constitutionnelle de la République, sonne l'alarme : l'école en France n'est plus à même de réduire les inégalités sociales et culturelles, les clivages territoriaux. Pire, elle les aggrave désormais.
Pour permettre la réussite de chaque élève, le CESE appelle à « revenir à la démarche de carte scolaire » pour favoriser la mixité sociale ; à « mettre le paquet sur l'enseignement primaire » pour pallier les difficultés dès qu'elles apparaissent ; à redéfinir le métier d'enseignant et « renouer avec une véritable formation professionnelle initiale ». Il s'agit enfin de refonder l'éducation prioritaire en concentrant les moyens sur les quartiers les plus défavorisés.
Cette refondation passe aussi par un retour à une « conception territoriale » de l'éducation prioritaire - ce qui prévalait à l'origine - en y impliquant les collectivités locales et les acteurs sociaux.
Et ce jusqu'après la sortie du système éducatif, où « les jeunes devraient bénéficier d’un accompagnement et se voir proposer, le cas échéant, une solution en termes d’emploi ou de formation. À cet effet, des liens plus systématiques restent à établir entre les établissements scolaires et les Missions locales, en charge de l’insertion des jeunes, ainsi qu’avec les diverses associations oeuvrant en ce domaine. »
Le CESE relève que 18 % des jeunes terminent leur scolarité sans diplôme. Moins de la moitié d’entre eux occupent un emploi dans les trois ans qui suivent leur sortie du système éducatif. Et la situation s’est fortement dégradée depuis dix ans.
INTER/ L’Ecole : « un investissement rentable sur le long terme »
Ce même 13 septembre, dans son « rapport sur l'Education » 2011, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, qui regroupe 34 pays développés) soulignait : « Obtenir le niveau du secondaire demeure en France fondamental car le diplôme plus qu’ailleurs protège contre le chômage ». En 2009, le taux de chômage des 20-24 ans ayant un niveau de formation inférieur au deuxième cycle du secondaire atteint 30%. Le double de la moyenne des pays de l'OCDE.
Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, avertit : « Malgré la restriction des budgets publics, les États doivent maintenir leurs investissements afin de préserver le niveau de qualité de l’enseignement, notamment pour les plus vulnérables ». L'organisation rappelle cette règle simple : l'école ne doit pas être perçue comme un poste de dépenses, mais comme un investissement, rentable sur le long terme. Car « les plus diplômés recourent généralement moins au système d’indemnisation du chômage ou à l’aide sociale et paient plus d’impôts une fois dans la vie active. »
Arnaud Bihel, www.lesinfluences.fr
L'avis du CESE sur « les inégalités à l'école » :
http://www.lecese.fr/index.php/rapports-et-avis/les-inegalites-a-lecole
Le « rapport sur l'Education » 2011 de l'OCDE :
http://www.oecd.org/document/50/0,3746,fr_21571361_44315115_48651058_1_1_1_1,00.html
Sur le webzine les nouvelles news : www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/61-educa...