
C’est une distinction française. Les ménages les plus modestes paient un lourd tribut au mal logement.
C’est la conclusion du rapport 2012 que vient de publier la Fondation Abbé Pierre. « Entre 1992 et 2006, le poids du coût du logement s’est considérablement alourdi pour les ménages qui se trouvent parmi les 20 % les plus modestes, alors qu’il est resté relativement stable pour les ménages les plus riches (ceux qui se trouvent parmi les 20% les plus riches) », confirme de son côté Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
En première ligne, les locataires du secteur privé ont connu les augmentations les plus brutales. Mais ce sont les plus jeunes, actifs âgés de moins de 25 ans, qui subissent les plus grandes conséquences de ce mal logement par ailleurs coûteux : se loger grève la part la plus importante de leurs revenus, et ce sans discontinuer depuis deux décennies. 9,7 % d’augmentation a été enregistrée pour les moins de 25 ans, + 5,9 % pour la classe d’âge 25-29 ans tandis qu’une relative stabilité est observée au-delà des 45 ans. Du coup, on assiste à une explosion de sous-locations et de bricolages statutaires. L’accès à la propriété est réduit également pour les ménages les moins aisés : un foyer sur six y parvient.
Dans ce contexte, la perte d’un emploi s’avère encore plus grave pour les revenus les plus modestes.
Repères :
"Le mal logement en 2012, Etat des lieux", Observatoire des inégalités
"Rapport mal logement 2012", Fondation Abbé Pierre