
Certains recruteurs commencent à prendre en compte ces périodes non pas comme des faiblesses mais comme des expériences bénéfiques.
Ce n’est pas une reconnaissance généralisée, mais des recruteurs à l’image de Laurent Rodriguez accordent certaines vertus à ces périodes d’inactivité professionnelle. « Retenons qu’une période d’inactivité est profitable dans un parcours professionnel, rassure t-il. En effet, elle permet de se poser, de réfléchir, de se concentrer sur d’autres activités que professionnelles. Mais aussi de faire face aux accidents de la vie, aux périodes difficiles, aux remises en question et au besoin de rebondir dans des phases d’échecs… Il est donc tout à fait normal que des périodes d’inactivité professionnelle apparaissent sur le CV de nombre de candidats sans que cela soit une tare. »
Malgré l’automatisation du traitement des CV par des logiciels informatiques, lors de la deuxième ou troisième sélection, les recruteurs peuvent avoir une approche « humaine » du candidat. « Je suis conscient qu’on a tous connu des périodes d’inactivité professionnelle, nous avons tous des trous dans notre CV, nous dit Laurent Rodriguez. Personnellement, ça ne m’inquiète pas. En dehors du travail, on a une vie, des expériences enrichissantes, constructives qui ne passent pas forcément par le travail. »
Savoir valoriser ses années de césure
Catherine Benoist, chargée du recrutement au pôle tertiaire de l’agence d’intérim Synergie, se veut aussi tolérante : « Les années de césure, les congés parentaux, les années sabbatiques passent très bien sur un CV quand on sait les valoriser, les expliquer. Il n’y a pas de discrimination sur ce genre de rupture de carrière. Bien sûr, cela ne doit pas excéder une certaine période ».
Les profils atypiques peuvent être une richesse pour l’entreprise et certains recruteurs en sont conscients. « On s’adapte à cette réalité nouvelle des carrières, toute la difficulté est de le faire comprendre à nos manageurs. Mais c’est notre boulot », nuance Laurent Rodriguez. Des réticences existent toujours sur les périodes d’inactivité professionnelle. Catherine Benoist constate, elle, que les profils très atypiques ont du mal à franchir la barrière des manageurs qui « ont la décision finale ».
Laurent Firdion - Lesinfluences.fr
REPERES
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