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Mardi 17 Juillet 2012

Compagnon : un projet, une voie, un métier

Formation à un métier avec une année à l’étranger, règles de vie et savoir-être, et un poste garanti à la clé… Le modèle des Compagnons du devoir continue de faire ses preuves.

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Thomas Guinet, directeur régional des Compagnons du Devoir d’Ile-de-France et de Haute et Basse-Normandie, explique comment l’association Les Compagnons du Devoir permet aux jeunes de s’accomplir dans leur projet professionnel.
 
EPN : Pouvez-vous expliquer la finalité des Compagnons du devoir ?
 
Thomas Guinet : C’est une association loi 1901 qui a pour vocation la transmission des savoir-faire par le compagnonnage, en permettant à chacun de s’accomplir dans l’exercice d’un métier, dans un esprit de partage et d’ouverture. Depuis novembre 2010, notre association a été reconnue au patrimoine immatériel de l’Unesco. Elle est composée de 1 500 salariés et 5 000 bénévoles qui accueillent 6 000 apprentis par an au niveau national et 4 000 jeunes en mobilité permanente. Nous proposons à ces jeunes une formation continue gratuite et ils disposent tous d’un contrat de travail. Nous sommes présents sur 27 métiers au sein de quatre branches : le bâtiment, l’industrie, les métiers de bouche et le luxe.
 
EPN : Comment se déroule cette formation ?

TG : Pour l’expliquer, je vais l’illustrer par un exemple concret. Prenons par exemple le parcours d’un jeune, que l’on nommera Alex, recruté à Lille après un bac littéraire. Au cours de la première année consacrée à la préparation métier, nous travaillons sur son projet professionnel, afin de choisir, non pas son métier, mais sa filière. La mobilité faisant partie intégrante de la formation, il passera cette année dans une maison de compagnons à Strasbourg. Nous disposons de 60 maisons de compagnons à travers la France, qui accueillent de 90 à 100 jeunes et dans lesquelles on apprend aussi les règles du vivre ensemble. Alex est logé, nous lui trouvons un emploi, soit en contrat de professionnalisation, soit en apprentissage. Pendant cette année en alternance (12 semaines de formation, le reste du temps en entreprise), il sera payé 75 % du smic. L’objectif de cette première année : valider le choix de son futur métier et apprendre ses bases pour être à l’aise en entreprise.
En fin de première année, il entre en cursus de licence professionnelle. Alex choisit d’être charpentier : il part à Marseille pour travailler dans l’ossature du bois. Il est accueilli dans la maison des compagnons de Marseille qui l’aide à trouver un emploi dans cette branche. Il est en contrat de professionnalisation et suit ses cours le soir et le samedi, avec un stage de perfectionnement de 4 à 5 semaines. Il valide cette année de licence par un diplôme.
L’année suivante, il a l’obligation de partir à l’étranger. Il choisit l’Angleterre où il est accueilli par une famille d’accueil partenaire des Compagnons du Devoir et travaille dans une entreprise anglaise. A la fin de cette année, il valide son niveau d’anglais par un TOIEC. Il passe sa quatrième année en France pour valider sa deuxième année de licence à Nantes en contrat de professionnalisation et travaille également son projet en montant un dossier pour devenir Compagnon. A la fin de l’année, il est reçu Compagnon du Devoir et entame un tour de France sur cinq ans. A l’issue de ce tour, il peut se targuer de cinq ans d’expérience professionnelle, il dispose d’une licence pro, parle couramment une langue.
 
EPN : Comment recrutez-vous les jeunes et quels sont les métiers qui proposent de vraies opportunités ?

TG : Jusque dans les années 80, la grande majorité des jeunes entraient en apprentissage à l’issue de la 3ème. Les choses ont changé. D’une part, du fait de la volonté de pousser plus de jeunes jusqu’au bac ; d’autre part avec l’arrivée du bac pro ; enfin, les métiers évoluent en permanence et exigent de nouvelles compétences, en particulier en ce qui concerne la culture générale. Nous avons fait évoluer nos sources de recrutement en fonction de ces changements et aujourd’hui, la moitié des jeunes qui nous rejoignent sont post-bacheliers ou décrocheurs de l’université, un quart sort de 3ème et un quart vient d’un bac pro ou d’un BTS. Si nous avons plus de demandes que d’offres, certains métiers sont actuellement en tension, comme ceux du bâtiment : couvreur, maçon, plâtrier, menuisier, plombier. Dans l’industrie, certains profils sont très demandés : chaudronniers, mécaniciens, électriciens. De nombreuses portes sont ouvertes aujourd’hui. Mais au-delà des possibilités d’emploi, réelles et garanties, nous avons un vrai rôle d’orientation et d’information en aidant des jeunes qui ont des difficultés à se projeter dans un métier à travailler sur leur projet.
 
Pascale Colisson- Lesinfluences.fr
 
Pour rejoindre les Compagnons : inscription via le site internet www.compagnons-du-devoir.com, à une demi-journée d’information, puis évaluation écrite et entretien individuel.
 

Crédit photo : © Daniel Le Stanc / Les Compagnons du Devoir

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