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Plus de 620 000 nouvelles entreprises ont vu le jour en 2010, et « un tiers des Français seraient prêts à être entrepreneur un jour, soit 16 millions de créateurs potentiels ! », notent les BGE (ex boutiques de gestion), le premier réseau d'accompagnement aux créateurs.
Le phénomène est particulièrement marqué dans les banlieues dites « sensibles ». Ici, plus d'un habitant sur quatre, et, surtout, plus d'un jeune sur deux, entendent se lancer dans l'aventure, assure un sondage IFOP de décembre dernier. Des chiffres tout aussi élevés, donc, que dans le reste de l'hexagone et qui tordent le cou à l'image misérabiliste qui colle encore à ces quartiers. « Certes, dans les cités, les gens accumulent les frustrations, dans leurs études, dans leur emploi, dans leur vie quotidienne. Mais de ces frustrations naissent une ambition, un dynamisme, une rage de vaincre dans leur création d'entreprise qui, je pense, sont au-dessus de la moyenne », témoigne Frédéric Fourgous, du Réseau Entreprendre, un réseau de chefs d'entreprises qui accompagnent les jeunes créateurs de PME. Une ténacité dont témoigne Nabéla Aïssaoui et Salem Bessad (leurs portraits à découvrir prochainement sur Emploiparlonsnet.fr).
Mais créer son entreprise, quand on vient de banlieue, ressemble encore plus qu'ailleurs au parcours du combattant. Ici, tous les handicaps se cumulent : déficit de modèle, absence de réseau, manque de formation, et, bien sûr, d'argent, défiance, aussi, à l'égard des institutions. In fine, bien des projets restent fragiles et modestes. De plus en plus, pourtant, les réseaux d'aide et de financement à la création d'entreprise s'intéressent aux quartiers : tels l'ADIE -micro-crédit-, qui a, notamment, lancé un programme destiné aux jeunes des quartiers (Créajeunes), le Réseau Entreprendre (programme Entreprendre dans les quartiers), les BGE (ex Boutiques de Gestion), le réseau France Initiative, sans oublier les efforts des collectivités locales – telle la région Ile de France- . Certains fonds d'investissements comme FinanCités, BAC ou Citizen Capital s'intéressent aussi particulièrement aux ZUS (Zones urbaines sensibles). Ceux-là en sont bien conscients : la relève des entrepreneurs du baby-boom se trouve aussi dans les cités !
Catherine Bernard– Lesinfluences.fr
REPÈRES
« Monte ton biz, les dix commandements de l'entrepreneur des cités », Aziz Senni et Catherine Bernard, Editions Pearson, 17 euros, www.montetonbiz.fr
Le documentaire « Quartiers d'affaires » : http://www.lesechos.fr/management/video/300388967.htm